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Avant-Propos

Salut à toi, Autrice, Auteur, Lectrice, Lecteur ou Curieux, moi c’est Big Brother ! Après un temps d’absence, me revoici pour ton plus grand plaisir.

Aujourd’hui, pour te prouver que tous nos Brigadiers sont super bons, c’est la bêta-lecture de Anouchka Scheid, une jeune recrue, qui t’es proposée. Pour rappel :

On recrute, alors n’hésite pas à t’inscrire ou à partager. Sur ce, c’est parti !

Un mot de la bêta-lectrice Anouchka S.

Bonjour ! Je me suis permise de choisir l’incipit de ton œuvre pour en faire une fiche critique. Ton histoire est subjuguante. Tu sais parfaitement manier les mots et organiser les événements pour que l’intérêt du lecteur ne tarisse à aucuns moments. Honnêtement, il n’y avait quasiment rien à redire à ton œuvre, les quelques détails abordés relèvent vraiment du chipotage. Tout semble complet et abouti, les intrigues, les personnages si travaillés qu’on les penserait vivants.
En espérant que cette fiche te sera tout de même un peu utile.

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1 • Une histoire maîtrisée malgré quelques risques

Un résumé atypique

Le résumé de cette histoire est assez atypique. En effet, nous ne lisons pas la simple présentation brève et mystérieuse de l’œuvre, mais également celle de son auteur. Ce moyen de mêler les thèmes, les inspirations historiques et les aspects fictifs qui seront abordés dans ce thriller tout en se présentant brièvement est très ingénu. Il donne envie au lecteur d’en savoir davantage sur l’œuvre, après en avoir un peu appris sur l’auteur. La lecture est fluide et véritablement intrigante, ce qui est notamment dû à l’évocation de la catastrophe de Tchernobyl, survenue il y a un peu plus de trente-ans. Par ailleurs, le titre de l’histoire ne fait pas vraiment écho au résumé, ce qui est d’autant plus mystérieux pour le lecteur. En bref, nous avons ici un résumé atypique, fascinant, qui intrigue et pousse le lecteur à vouloir lire cette œuvre.

Une histoire cohérente vêtue de nombreux événements logiques

A la lecture du premier chapitre que nous pourrions considérer comme un prologue à l’histoire, nous sommes directement plongés au cœur de l’action. Un homme du nom de Fenyang, se réveillant tout juste d’un cauchemar et d’une soirée très alcoolisée, doit faire face à un intrus chez lui. Tout y est parfaitement décrit, les sensations, les émotions, les descriptions… le lecteur a ainsi en sa possession toutes les informations que l’auteur souhaitait qu’il ait, sans négliger pour autant tout le suspense qui irradie les personnages et semble rôder dans chacun des chapitres suivants.

A chaque nouveau chapitre, l’auteur nous présente un personnage et nous livre une indication spatio-temporelle. Ainsi, l’histoire demeure plus que cohérente malgré les actions s’étant déroulées des décennies auparavant, ou bien les divers endroits du globe où elles prennent place.

Dans cette atmosphère où le réel que nous connaissons semble se mêler à des secrets millénaires, le lecteur n’a de cesse de se questionner, de tenter de saisir le réel enjeu, d’appréhender le prochain acte, et cela, tout en relevant le défi de ne pas se perdre. Grâce à la cohérence de ton histoire, et son habile organisation, le lecteur peut se livrer aux hypothèses de son esprit en toute quiétude, sans pour autant craindre de ne pas s’y retrouver.

A travers ce procédé, la trame principale grandit et se précise, chaque chapitre apportant son lot de mystères et de semi-résolutions.

Sur un noyau de mystères, se tisse alors une toile de multiples actions et événements tous plus cohérents et crédibles les uns que les autres.

Qu’il s’agisse de Franz au restaurant, de Gabbie en visite guidée, d’Awen comparant les événements qui lui arrivent à ceux d’un jeu vidéo et d’un cauchemar… Tous les événements sont savamment placés, pour aider le lecteur à comprendre, le pousser à lui-même enquêter dans son esprit, et
surtout, faire en sorte qu’il ne s’emmêle jamais entre les différents événements.

Ainsi, l’on voit s’accroître au fil des chapitres la menace qui plane et semble alarmer les personnages à diverses échelles, et par prolongation, les lecteurs.
L’auteur nous présente ainsi une histoire aux évènements plus que cohérents et crédibles. Les personnages sont tous bien implantés et présentés à tour de rôle, permettant au lecteur de bien différencier les événements les uns des autres, et d’associer chaque événement à un personnage, à une intrigue particulière.

Des intrigues fascinantes qui s’imbriquent harmonieusement

Au fil de la lecture, trois grandes intrigues semblent se distinguer du reste de l’œuvre ; l’enquête de Franz, l’incompréhension et la future découverte d’Awen, ainsi que les faits s’étant déroulés il y a trente ans avec Daniel et Hadrien.
Ces trois intrigues considérées pour le moment comme principales, semblent par ailleurs introduire d’autres intrigues : qui est Gabbie et que cherche-t-elle en Ukraine ? Quelles sont les motivations de Lucifer ? Que dissimule réellement Fargues ?
Les faits, les intrigues de chaque personnage semblent se suivre et s’accorder comme un rouage bien huilé, pour un résultat harmonieux et transcendant. A aucun moment le lecteur n’est largué dans un océan d’incompréhension, car chaque information, chaque détail est livré au lecteur avec ingéniosité et dosé d’une main de maître.

Un parti pris risqué

Je considère la présentation d’un personnage par chapitre comme une prise de risque de la part de l’auteur. En effet, cette pratique peut vite ennuyer le lecteur et porter à confusion si trop de personnages différents sont présentés d’un coup. Cependant, l’auteur a su finement équilibrer
l’histoire avec une cohérence des plus mesurée, permettant ainsi au lecteur de mieux appréhender l’histoire et de comprendre pleinement les événements et les enjeux qui s’y déroulent.

Outre cela, l’organisation des chapitres et des intrigues qui semblent se dérouler en parallèle ou bien se succéder, est typique, me semble-t-il des thrillers. Ils permettent d’avoir une vue globale de tous les événements, et offre au lecteur une possibilité de mener l’enquête en leur propre esprit.

Malgré quelques inattentions qui subsistent…

Au cours de la lecture, j’ai effectivement relevé quelques petites fautes d’étourderie. Rien de grave ni d’entravant à la lecture, mais, si tu le souhaites, tu pourras revenir dessus.

  • « Tout ce qu’il trouvait sous la main et qui soit alcoolisé. » (Ch.1, page 3). Il me semble que tu as ici entremêlé deux expressions distinctes ayant presque le même sens : d’un côté, l’on « trouve », quelque- chose. De l’autre, quelque-chose nous « avoir sous la main ». Le fait de dire qu’il trouve suppose que Fenyang a cherché une boisson alcoolisée, or, la deuxième expression sous-entend qu’il se contente simplement de ce qu’il a, sans chercher à faire mieux ou plus. C’est, si je ne m’abuse, le sens que tu veux donner à la phrase ou tout au moins ce que j’en ai compris. Ainsi je te propose : « Tout ce qu’il avait sous la main et qui soit alcoolisé ».
  • Toujours au chapitre un, après que Fenyang ait entendu un gémissement au rez-de-chaussée, j’ai remarqué la présence du pronom « il » au début de trois phrases consécutives. Pour éviter la répétition, peut-être serait-il judicieux de détacher le sujet de cette place de « tête de phrase » ? Par exemple, pour la troisième phrase : « Après l’avoir entrouverte, il se rendit compte qu’il y avait de la lumière en bas des escaliers. » De plus, cela apporte plus d’impact à la phrase suivante : « Son sang ne fit qu’un tour ».
  • « Qu’il avait simplement laissé la lumière du fait de son état d’ébriété avancé et que le cri n’était autre que la résultante de l’orage combiné avec sa paranoïa. » (ch.1, page 4) Ici, un tout petit détail qui m’a interpellé. Bien qu’il n’y ait pas d’erreurs à proprement parlé, je pense que l’usage de l’expression « combiné à » serait plus appropriée. En effet, lorsqu’il est utilisé pour combiner des éléments, des formules ou des nombres, « avec » se dit aussi. Mais il renvoie à un langage usuel, là où le « à » permettrait d’alléger la phrase et de ne pas s’arrêter sur la rareté du terme. Ainsi : « Qu’il avait simplement laissé la lumière du fait de son état d’ébriété avancé et que le cri n’était autre que la résultante de l’orage combiné à sa paranoïa. »

Bien entendu, tous ces points demeurent de simples suggestions. La décision finale de ce qui doit être changé ou non se fait selon ton choix. Et quoiqu’il en soit, ton œuvre reste une œuvre qu’il fait plaisir à lire et découvrir.

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2 • Un Univers raccord

Un univers semblable au nôtre

L’univers qui nous est présenté prend place dans le nôtre. Il s’inspire de lieux réels, de villes réelles, bien que les personnages soient fictifs.

Ici, l’histoire se déroule principalement entre Paris, Pripiat, et au sein même de l’Organisation, il y a trente ans. Toutes ces informations sont livrées au début de chaque chapitre, permettant au lecteur de ne pas se perdre et d’organiser en son esprit une chronologie compréhensible. En effet, chaque chapitre possède un repère spatio-temporel, ou au moins l’une de ces deux informations.
En ce qui concerne l’organisation en elle-même, nous apprenons au fil des chapitres qu’il s’agit en fait ‘un complexe d’une ville, construit lui-même sous la ville de Pripiat.
Cette organisation œuvre pour l’humanité, et plus précisément, pour sa survie.
Outre cela, le lecteur apprend également que l’Organisation forme des veilleurs et des Gardiens. Ils ont au nombre de cinq, et chaque gardien est sur un continent précis. Ils détiennent des chevalières aux pouvoirs ancestraux, qui décuplent leurs facultés déjà acquises.

Une répartition des informations éclairée

A la lecture de ces douze premiers chapitres, l’on comprend aisément que l’auteur maîtrise non seulement son sujet, mais également les procédés d’écriture ; chaque détail, chaque nouvelle avancée ou personnage présenté a une place précise et déterminante. Le suspense est tenu du début à la fin, et se manifeste sous différentes formes selon le personnage évoqué.

Ainsi, le lecteur s’interroge de plus en plus à propos des différentes intrigues, sur des possibles liens entre les histoires de chacun, et bien entendu, sur le dénouement final.

Une cohérence et une crédibilité qui s’imposent dès les premières lignes…

La crédibilité de l’univers présenté dans cette œuvre, s’exprime principalement par des références à des lieux que nous pouvons aisément imaginer, puisqu’ils existent. Par ailleurs, la cohérence de l’univers et des informations qui nous sont offertes par l’auteur et son histoire, prend notamment place autour de Pripiat, qui semble être le noyau de l’histoire et des événements qui arriveront par la suite.

De plus, le choix du point de vue omniscient permet au lecteur d’avoir connaissance d’un maximum d’informations, sans pour autant qu’il devine la fin du récit dès la première page. Il peut ainsi s’immerger pleinement dans l’histoire, et laisser son esprit divaguer au gré des mots et de la
narration finement menée. En effet, la narration s’adapte lors de chaque chapitre au personnage qui nous y est présenté.

Ainsi, qu’il s’agisse d’Awen, de Franz, ou d’Hadrien, la narration s’adapte avec une habileté spectaculaire, entraînant le lecteur à s’y immerger davantage au fil des mots.

Enfin, il semblerait que le mot « cauchemar » revienne beaucoup. Que ce soit celui ayant réveillé Fenyang, celui que croit vivre Awen, le terme est à maintes reprises évoqué. Est-ce une coïncidence visant à renforcer simplement la cohérence du récit, ou bien le simple fruit des horreurs qu’ont vécu ou vivent certains personnages ?

… Et qui poussent le lecteur à en lire davantage

Tous ces détails, ces lieux, ces villes, poussent le lecteur à vouloir en lire davantage. L’auteur a su écrire avec sagacité une œuvre résolument cohérente et intrigante, où le lecteur s’immerge facilement et dont le retour au monde réel paraît fade.

A travers des chapitres astucieusement organisés et des fins qui laissent le lecteur stupéfait mais vif d’esprit, il se dégage de cet univers un attrait fascinant pour la suite de l’histoire et l’œuvre dans son ensemble.

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3 • Des Prémices qui intriguent

Présentation des personnages

Fenyang

Apparaissant au premier chapitre, il est l’un des cinq gardiens actuels. La scène prend place à Gaborone, ville du Botswana, où le gardien va finalement mourir en protégeant la chevalière. C’est un personnage intelligent et malin qui se doute de la menace qui pèse sur lui, et n’hésite pas à la combattre de face. Il semble également hanté par de nombreuses choses, qui le poussent à boire plus que de raison et qui le réveillent en pleine nuit suite à des cauchemars.

Georges

Personnage très bref, l’on apprend qu’il était le veilleur au sein de l’Organisation, et le plus fidèle ami de Fenyang. Ce dernier l’a retrouvé mort avant de combattre Lucifer et ses hommes.

Lucifer

Avec une description physique reconnaissable, l’on apprend que ce personnage est celui qui a tué Fenyang. Au long des douze premiers chapitres, le lecteur apprend qu’il est la menace principale qui effraie et poursuit l’organisation et tous ses membres, que ceux-ci le sachent ou non.
Fort et déterminé, il semble inarrêtable bien que les raisons qui le motivent ne nous aient pas encore été révélées. De plus, il possède beaucoup d’informations concernant l’organisation, amenant le lecteur à se demander s’il n’en a pas lui-même fait partie à une époque.

Awen

Jeune adolescent vivant à Paris, qui apprécie jouer aux jeux vidéo avec son ami. Alors qu’il revient de la supérette, une jeune femme lui sauve la vie en l’empêchant de rentrer chez lui, tout d’abord, puis en tuant un assaillant. Il finit par se réveiller dans un avion direction l’Ukraine. Awen est un personnage lucide à l’humour cinglant ; il a du mal à tout assimiler et ne comprend pas ce qu’il vient de se passer. Cependant, il reste courageux et gère au mieux ses questionnements et émotions. C’est suite à la mort de son grand-père qu’il a obtenu une chevalière qu’il ne devait jamais quitter,
raison pour laquelle Lucifer a tenté de le tuer.

Sissi

Jeune femme d’origine japonaise, elle a vu sa mère mourir très jeune devant ses yeux. Depuis, elle se refuse à éprouver le moindre sentiment qu’elle associe à une preuve de faiblesse. Distante mais pas froide pour autant, ce personnage, comme beaucoup d’autres dans ton récit, semble hanté par un passé douloureux. Elle possède des facilités au combat, notamment ceux à l’arme blanche (maniement du shuriken), et est déterminé à accomplir sa mission en protégeant Awen, preuve de son professionnalisme. Au fil des chapitres, elle semble même apprécier de se jouer de l’ado qui lui apparaît naïf. Son personnage renvoie beaucoup à celui de Maze, dans la série Lucifer.

Franz

Ancien capitaine de la brigade criminelle de Paris, il est désormais planton au 36 Quai des Orfèvres à Paris. L’on apprend que suite à un incident, il a perdu sa fonction de capitaine. Il souffre de TEI et de pertes de mémoires plus ou moins fréquentes. Malgré cela, c’est un homme déterminé qui aime l’adrénaline que lui procurait le danger de sa fonction. Aujourd’hui il s’ennuie, et malgré l’hésitation à accepter la mission officieuse que lui confie son ancien chef, il finit par abdiquer. C’est un personnage solitaire qui semble en total déni de sa situation professionnelle, mais qui, pourtant, est très lucide dans son enquête. Il s’énerve vite, a le sang chaud et hait la plupart des gens. Paradoxal et très intéressant, il semble attaché à sa fille qu’il a confié à Fargues, son ancien chef, pour qu’il la conduise dans un lieu sûr. Son personnage m’a personnellement beaucoup fait penser
aux genres d’enquêteurs que dépeint Maxime Chattam dans ses livres.
Fargues. Ancien chef de Franz. Au-delà de la hiérarchie, un lien d’amitié semble les unir depuis de nombreuses années. Il est au courant pour l’existence de l’Organisation, bien qu’il ne puisse en révéler tous les détails à Franz.

Daniel

Ce personnage nous est présenté dans un contexte particulier ; en effet, il prend place dans un contexte temporel antérieur à celui des autres personnages cités au-dessus. Trente ans avant que ces événements aient lieu, donc, le lecteur fait la connaissance de Daniel, qui vit et travaille dans un grand complexe construit sous Tchernobyl. Il fait passer des évaluations –mentales et physiques- à des adolescents pour tenter de recruter de nouveaux membres dans l’Organisation. De corpulence frêle et ayant la trentaine, il s’emballe face aux résultats d’un ado qui lui semble prometteur, et semble un peu naïf.

Le Doyen

Ce personnage est présenté aux côtés de Daniel, observant les adolescents et leurs résultats. Face à Hadrien, il exprime quelques craintes et tente de tempérer Daniel et son exaltation. On ne sait que très peu de choses sur lui, c’est un personnage qui apparaît comme sensé et prudent,
bien que très mystérieux.

Hadrien

Ce personnage prend place dans la même temporalité que Daniel. Il est l’adolescent aux résultats prometteurs –intelligence exacerbée, précision dans les tirs, force incroyable…etc. Cependant, il se pose beaucoup de questions quant à sa présence en ces lieux, et sur la suite des événements. Il déteste Daniel qu’il trouve insupportable. On ne sait que peu de choses sur lui, mais son comportement hostile semble introduire une possible césure entre lui et l’Organisation dans un futur proche. Est-ce lui, Lucifer qui chasse et tue les gardiens, trente ans plus tard ?

Artyom

Ce jeune enfant débrouillard et malin nous est présenté dans le village de Pripiat, en Ukraine, en 2016. Agé de douze ans, il vit avec son frère, Yuriy, qui le contraint à voler les touristes et apporter son butin sous peine de mourir par l’arme qu’il détient. Ne sachant ni lire ni écrire, Artyom est un personnage curieux, et beaucoup plus rusé qu’il ne le laisse paraître. Solitaire et loyal malgré tout à son frère, il est courageux et fera tout son possible pour épargner le plus possible les deux enfants également sous le joug de Yuriy. Il rencontre au cours de son chapitre son amie, la louve Laïka, avec qui il partage des biscuits.

Gabriella

Protagoniste du dernier chapitre, elle est en visite dans le village de Pripiat, en Ukraine. Agée de dix-huit ans, elle fait des études à Paris et s’est rendue en Ukraine pour en apprendre plus sur l’histoire et les faits qui s’y se sont déroulés. Maligne et consciente, elle se doute que le guide de la visite ne relate pas les faits avec exactitude, mais avec parcimonie. Un militaire accompagne également la visite, et elle sait que ce n’est pas tant pour protéger les touristes que pour rappeler au guide son texte exact. Elle semble débrouillarde et ingénue, bien que son rôle ne soit pas clairement défini plus avant.

Une cohérence et une crédibilité qui les rendent attachants

Tous les personnages recèlent une cohérence indéniable. Chacun à leur manière, ils provoquent et éveillent en le lecteur une certaine émotion. Que l’on compatisse pour Awen qui semble dépassé, que l’on sourit à l’humour pince-sans-rire de Sissi, ou bien que l’on se fascine pour la témérité de Franz, chaque personnage apporte sa pierre à l’édifice de ton œuvre.

D’une crédibilité déconcertante, ils semblent être construits sur des blessures, des fêlures plus ou moins vieilles, ce qui permet au lecteur de plus facilement les aborder en son esprit. Cela contribue également à les rendre attachants. Mais pour autant, aucun de ses personnages ne paraît faible ou inintéressants ; ils sont tous uniques, et indispensables à la compréhension de l’œuvre.

Une fois encore, intervient ici le point de vue omniscient adopté par l’auteur et mené avec érudition. En effet, le lecteur a ainsi accès aux émotions et ressentis des personnages, à leurs environnements, et la description de toutes les scènes, sans être restreint par le point de vue d’un seule personnage à la fois, ce qui contribue à les rendre attachants parce qu’abordables.

Les liens inter-personnages

Des liens entre les personnages semblent s’esquisser plus ou moins au fil des chapitres. En effet, l’on voit clairement qu’Artyom et Gabbie se sont déjà « rencontrés », chacun dans leur activité. Par ailleurs, le lecteur sait que Franz risque d’être amené à rencontrer Awen -et peut-être Sissi ?- dans un
futur plus ou moins éloigné, puisque son nom était sur la fiche que Franz a trouvé dans sa veste.

Un seul personnage semble être, par surcroît, un lien récurrent avec la majorité des autres : Lucifer. Etablissant un premier contact avec le lecteur en assassinant Fenyang, on le retrouve lorsqu’il tente de tuer Awen, et poursuis Awen et Sissi. Franz, bien qu’il l’ignore au début, est sur ses traces, et sûrement qu’ils se rencontreront à un moment donné.

En fin de compte, chaque personnage étant lié à un autre semble disposer d’une profondeur supplémentaire ; en effet, alors que chaque personnage était de prime abord isolé dans un chapitre, avec un lieu et une époque qui lui étaient propres, ils semblent tous cohérents et connectés entres eux… pour peut-être, à un moment, se retrouver en une seule et même scène.

Ainsi, à mesure que les différents points se relient, le lecteur voit poindre l’esquisse d’un dessin plus global, aux enjeux plus considérables.

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4 • Pléthores de thèmes

Idées et thèmes

Au fil du récit, l’on voit se profiler différents thèmes et idées. Tout d’abord, la façon dont une catastrophe ayant eu lieu il y a plus de trente années a toujours des répercussions de nos jours. En effet, le village de Pripiat, situé à seulement trois kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl est toujours inhabité. Considérée depuis des décennies comme ville fantôme, elle a été abandonnée et demeure comme preuve de la fin de l’ère soviétique, à l’instar de Pompéi, bien que les conditions fussent différentes.

L’on comprend que les chapitres sur Artyom et Gabriella relatent avec justesse cette atmosphère « figée dans le temps », où l’ambiance est angoissante et où la nature semble reprendre ses droits les plus légitimes.

Par ailleurs, un autre thème bien défini serait la capacité d’adaptation de l’être humain. On retrouve idée transcrite à travers le personnage d’Awen, notamment à travers tous les changements qu’il rencontre dans un laps de temps restreint. J’ignore s’il parviendra par la suite à s’adapter pleinement, mais sa capacité à assimiler plus ou moins vite les derniers événements –plutôt violents- survenus, est impressionnante, surtout si l’on prend en compte sa condition d’adolescent.

La difficulté à s’ouvrir à autrui est retranscrite à travers Sissi, qui risque de faire d’Awen un allié voire un ami. Je pense que son évolution tend vers une ouverture sur les autres, qui serait toute aussi intéressante que si elle restait fidèle aux principes qu’elle s’impose. Comment réapprendre à faire confiance, à sympathiser, après un drame comme elle en a connu ?

Dans le premier chapitre, il nous est exposé beaucoup de références à l’alcoolisme, et de ce que cela implique : Fenyang semble boire pour oublier certaines choses, et cela a un impact assez fort sur son organisme, même s’il parvient à se battre ensuite. De nombreuses personnes boivent malheureusement dans le dessein d’oublier certains soucis, des préoccupations ou des aspects de leur passé. Et ce sentiment, cet état est tout à fait bien retranscrit.

En outre, quelques sages et timides références à la mythologie sont également discrètement disséminées dans l’œuvre, mais l’auteur avait prévenu ; après avoir découvert la mythologie, il s’y est noyé.

Cette œuvre couvre pour le moment de nombreux thèmes et idées très intéressantes et que le lecteur n’a pas spécifiquement l’habitude de croiser au cours de ses lectures. Du moins, jamais toutes réunies et si bien décrites ou personnifiées à travers des personnages. Cela contribue également à rendre le récit original, lui permettant de se démarquer aisément des autres œuvres du même genre.

Les enjeux d’un tel récit

L’un des enjeux majeurs du récit, est, je pense, de ne pas tomber dans les clichés d’un thriller. Nous avons déjà assisté par l’entrée en matière (chapitre premier), à la scène d’un crime. Nous avons également l’élément de l’inspecteur tenace (allias Franz, très investi), et il serait dommage de compléter le tableau par tant de « déjà-vus » qui rendraient ce thriller prévisible.

Par ailleurs, nous avons également toutes ces scènes parallèles qui se faufilent au cœur de l’enquête et étoffent le récit avec des intrigues portant sur l’Organisation et les Gardiens. De plus, la plume subjuguante de l’auteur permet de se ne pas se focaliser sur une seule des intrigues, mais sur toutes les trames simultanément, en particulier à travers la disposition des chapitres, ainsi que leurs contenus savamment dosés.

Outre cela, il y a la seconde intrigue principale : celle qui porte sur l’Organisation. Il est important et certainement fastidieux d’allier ces deux intrigues, sans que l’une prenne le pas sur l’autre. N’ayant lu que les douze premiers chapitres, j’ignore le dénouement final et les prochains éléments de l’œuvre, nonobstant j’espère que l’auteur saura faire preuve d’une organisation irréprochable, au risque quel’intérêt du lecteur ne se détourne. Pour le moment, encore une fois, tout est mené d’une main de maître, et admirablement mis en place.

Le défi est donc majoritairement relevé, bien que rien ne soit jamais acquis.

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5 • Une Forme particulière mais appréciable

Une présentation générale attrayante

La présentation générale de l’œuvre est très agréable. Avec des chapitres plus ou moins longs qui se succèdent, le lecteur sait où il en est et ne se perd pas. L’auteur ne nous étouffe pas avec de trop grands paragraphes, les dialogues sont doctement mis en lumière, afin de révéler au lecteur ce qui doit l’être. D’une justesse implacable, les descriptions sont parfaitement maîtrisées et nous immergent plus profondément au cœur de l’action. Je tiens aussi à souligner la précision et la fluidité des scènes de combat, qu’il s’agisse de Sissi, ou de Fenyang. Elles sont toutes très bien menées et
permettent au lecteur de bien les imaginer sans que ça ne soit confus un seul instant.

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié les citations au tout début du récit, qui permettent d’introduire astucieusement les thèmes principaux. Mais après une petite recherche, j’ai remarqué qu’Anatoli Alexandrov était un pianiste (1888-1982), et que le président de l’Académie des sciences de Russie s’appelait Alexander Sergeev. Alors de qui est exactement la première citation ?

Une structure atypique qui demeure cohérente

La structure du récit pourrait être qualifiée d’atypique. En effet, dans ce récit, chaque chapitre pourrait individuellement faire office d’une structure propre à toute histoire ; une scène d’ouverture, la présentation du protagoniste, une intrigue, un élément perturbateur, du suspense… etc. Seul le dénouement final n’est pas au rendez-vous à chaque chapitre, puisqu’ici, l’auteur maintient et fait croître le suspense tout autant que l’intérêt des lecteurs.

Mais à la fin de cet incipit, malgré la structure atypique due à l’agencement des chapitres, la cohérence prime, ce qui importe grandement.

Mais à la fin de cet incipit, malgré la structure atypique due à l’agencement des chapitres, la cohérence prime, ce qui importe grandement.

Un style affirmé dès les premiers mots, et un lexique notable

Le style de l’auteur est particulièrement appréciable. Clair et concis, détaché et pourtant investi, il se démarque par son assurance et son humour pince-sans-rire. Plutôt abordable, les renseignements disséminés au cœur de l’intrigue sur les faits historiques rendent le style, et plus généralement le récit, plus complexe qu’il n’y paraît. Mais avec un lexique varié et enrichi, l’auteur emporte son lecteur au cœur des actions, nous faisant voyager à travers des descriptions extrêmement bien menées, et des dialogues adéquatement mis en place pour une lecture fluide et instructive.

Ainsi, le lecteur s’imprègne aisément de l’histoire, et n’attend plus qu’une chose : la suite.

Anouchka S.

Sache que ce que fait Anouchka S. dans cette critique n’a rien d’exceptionnel :

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