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Bienvenue sur Pluma’News, l’émission des litté’curieux !

Ce programme est co-produit par Plumavitae, la Plateforme de l’Édition de demain, et Scribe Impact Rédaction, spécialisée en rédaction et accompagnement d’autrice et auteur.

Au programme de cette édition, l’actualité de la semaine ainsi qu’un tour d’horizon des sorties à venir. Pour clôturer l’épisode, nous vous proposons un dossier centré autour de la question épineuse de la rémunération des auteurs.

PLUM’ENVOL

Avant de commencer l’épisode, les équipes de Plumavitae sont très fières de vous annoncer que Fleur de Pêcher, la romance contemporaine d’un de nos écrivains Iluka Roux, est en précommande chez les éditions Sharon Kena ! La sortie officielle est prévue pour le 3 mai. 

Fleur de Pêcher, c’est l’histoire de Naomi, étudiante à La Sorbonne, future femme d’affaires et passionnée de danse contemporaine, qui voit son avenir remis en question lorsqu’elle décide de poser pour un cours d’arts plastiques pour arrondir ses fins de mois. Le lecteur valse entre les univers particuliers de la danse et du dessin, porté par une plume à la fois légère et élégante. Mais ce roman n’est pas qu’un roman d’amour. C’est aussi un ouvrage qui aborde des notions importantes telles que l’émancipation, mais aussi la recherche du bonheur, l’amour et l’amitié, et ce, au travers de personnages variés et inclusifs.

Vous laisserez vous tenter ? Passons maintenant à l’actualité !

I — PLUM’ACTUALITÉ

Mercredi 13

Cette année, le Prix du Roman d’Écologie est décerné à l’auteur québécois Antoine Desjardins et à son ouvrage Indice des feux paru chez La Peuplade. Selon les critiques, ce texte parvient à mêler crises personnelles et crises environnementales avec une plume innovante et forte. Antoine Desjardins succède à Lucie Rico, saluée l’an passé.

Le caricaturiste et dessinateur de presse Calvi est décédé ce lundi. Ses dessins sont passés aussi bien dans le Journal du Dimanche que dans Le Monde, France Soir, mais aussi dans Le Figaro Magazine. Il s’est éteint à l’âge de 83 ans.

Jeudi 14

Voilà plusieurs mois que Michel Houellebecq est accusé de plagiat par El Hadji Diagola, un auteur journaliste franco-sénégalais. La décision finale aurait dû être annoncée ce 14 avril, mais, le dossier étant complexe, la décision a été repoussée au 12 mai.

Écritures et politiques ne font que rarement bon ménage. Que ce soit durant l’Antiquité romaine comme aux siècles des Lumières, la littérature et l’écriture ont toujours été utilisées pour dénoncer, faire réagir, lutter contre certains systèmes politiques. Le XXIe siècle ne déroge pas à la règle : l’organisation PEN America, qui défend la liberté d’expression des écrivains dans le monde entier, a rendu public un rapport établissant la liste des pays où être écrivain peut s’avérer être un véritable danger. Les deux pays qui emprisonnent le plus d’auteurs sont la Chine (85 auteurs) et l’Arabie Saoudite (29 auteurs). La Birmanie est troisième avec 26 écrivains emprisonnés. L’Iran et la Turquie suivent, avec respectivement 21 et 18 auteurs. Le motif n° 1 d’emprisonnement est la « menace pour la sécurité nationale » (qui correspond à 55 % des arrestations) : dans 22 % des cas, l’emprisonnement est abusif et basé sur aucun motif valable. L’organisation PEN America craint que ses chiffres ne cessent d’augmenter au vu des récentes actualités, à savoir le retour au pouvoir des talibans et Afghanistan et l’invasion russe de l’Ukraine.

Vendredi 15

Le prix Pierre Bottero est cette année décerné à Jérôme Leroy pour son  Lou après tout, tome 1 : le grand effondrement. Ce prix a pour but de récompenser un roman jeunesse francophone issu des littératures de l’imaginaire.

Mardi 19

Et si, pour stimuler l’écriture, on jouait à un jeu de société ? C’est ce que propose La Fabrique du Livre en collaboration avec le théâtre l’Entr’Acte. Prévu pour juin 2022, le jeu de société SCRIPTOR est d’ores et déjà en campagne de financement participatif. Le but de ce jeu collaboratif est simple : par équipe, écrire une histoire cohérente avec un début et une fin, tout en engrangeant le plus de points de victoire possible.

II — PLUMA’SORTIES

La sélection des sorties littéraires de la semaine prochaine !

Cette semaine, ce sont deux nouveautés qui se partagent l’affiche, toutes issues d’univers complètement différents.

Le 20 avril, les amateurs de romance érotique très épicés pourront retrouver le second tome de la saga Dark Olympus signé Katee Robert. Si le premier tome Neon Gods (dont une sortie physique est prévue pour le 6 mai) était une réécriture du mythe d’Hadès et de Perséphone, Electric Idol est une réécriture du mythe de Psyché et d’Eros. Il est proposé par les éditions BMR au format numérique.

Le 21 avril, ce sont les éditions Hugo Roman qui vont faire des heureux et des heureuses avec la sortie du dernier Colleen Hoover, Cœurs et âmes. Alors que Beyah a toujours vécu dans la misère avec sa mère junkie, tout bascule lorsque sa mère décède subitement. Forcée d’aller chez son père qui ne s’est jamais occupé d’elle, Beyah va découvrir un tout autre univers auprès de sa belle famille et de ce voisin en qui elle voit une âme sœur.

Passons maintenant à notre dossier !

III — PLUM’ARCHIVES

Dans nos cartons, il y a… des dossiers et des recommandations !

En France, l’argent est un sujet tabou. On n’en parle pas entre collègues, on en discute rarement en famille… bref, c’est un sujet qui fâche. Dans le monde de l’édition par exemple, il y a une véritable méconnaissance de la réalité économique du circuit du livre par le grand public. Aujourd’hui, notre dossier va mettre les pieds dans le plat et aborder la notion sensible de la rémunération des auteurs dans l’édition traditionnelle, tout en apportant des points d’évolution grâce à des faits d’actualité.

Tout d’abord, un écrivain, ça se rémunère comment ? Dans le circuit du livre, en ne passant pas l’édition dite traditionnelle (avec une maison d’édition à compte d’éditeur), l’auteur est rémunéré par plusieurs biais. Tout d’abord, lors de chaque vente de son ouvrage, l’auteur touche un certain pourcentage. Ce pourcentage est variable, mais le plus généralement compris entre 6 et 12 % du prix du livre. En somme : pour un livre vendu à 20 € TTC, un auteur touchera entre 1,5 € et 2,5 €.

Lorsqu’un auteur signe un contrat avec une maison d’édition, il lui cède les droits sur son texte. Si la maison d’édition en a les finances, elle peut verser à l’écrivain ce qu’on appelle un à-valoir, une avance sur ses droits d’auteurs. Cet à-valoir, en plus d’être une rémunération supplémentaire pour l’auteur, peut être un véritable argument commercial pour la maison d’édition. Cependant, ces à-valoir (compris entre 1 500 € et 3 000 € en moyenne) ne sont pas systématiques, et ne permettent pas aux écrivains de vivre de leur plume.

Jusqu’à il y a peu, les auteurs n’étaient pas rémunérés pour leur présence lors de salon et séances de dédicaces : bien que beaucoup de maisons d’édition refusent encore de payer ces temps de présence et de promotion qui sont un vrai travail, d’autres acceptent de jouer le jeu. La rémunération s’élève alors aux environs entre 200 € et 400 € pour une journée complète, selon s’il s’agit d’une journée de signature ou de rencontre.

Dans ce cas, quel est le problème si épineux avec la rémunération des auteurs ? Visiblement, ils arrivent à gagner de l’argent ! Eh oui… et non.

Si l’auteur ne gagne que 6 à 12 % de droit d’auteur par vente, il ne faut pas oublier qu’il est un des acteurs qui est le moins bien rémunéré alors qu’il est celui qui fournit la matière première. De même, comme tout un chacun, les auteurs sont soumis aux cotisations sociales ainsi qu’aux impôts. Si, ces dernières années, la question de la rémunération des auteurs est aussi brûlante, c’est qu’un constat a été réalisé, et il n’est pas beau à voir :

– rares sont les auteurs qui ont un salaire annuel de plus de 8 000 € (moins qu’un SMIC donc)

– plus de 70 % des auteurs français sont obligés d’avoir une activité professionnelle en parallèle de leur activité d’écriture pour survivre

– en moyenne, un auteur sur deux, lorsqu’il touche un à-valoir, est inférieur à 1 000 €

– en moyenne, un auteur touche 7 % sur le prix de vente de son livre

– sur les plus de 100 000 auteurs édités en France et affiliés, moins de 12 000 peuvent vivre de leur plume, ce n’est pas le cas des 88 % restant

– la précarité chez les artistes auteurs, notamment chez les femmes et les jeunes, ne cesse d’augmenter

Et tout cela, sans prendre en compte l’aspect plus fiscal des choses, comprenant les cotisations et autres charges administratives.

La colère des auteurs face à leur rémunération n’est que plus légitime quand on sait le temps que cela prend de mener un projet artistique à terme. Les droits d’auteurs ne rémunèrent pas le travail fourni, mais le résultat… Mais encore, comme beaucoup le répète : l’édition est un marché riche avec des auteurs précaires. La répartition des droits sur le prix de vente du livre est en moyenne ainsi :

– 36 % pour la librairie

– 21 % pour la maison d’édition

– 20 % pour le distributeur-diffuseur

– 15 % pour l’imprimeur

– 8 % pour l’auteur

L’auteur, qui fournit la matière première, qui crée l’idée derrière l’objet matériel, celui sans qui beaucoup d’autres métiers autour de livre n’existeraient pas, est celui qui est le moins bien rémunéré.

C’est pour toutes ces raisons que depuis ces dernières années, l’actualité concernant la rémunération des auteurs, que ce soit par des lettres ouvertes, des cris d’alertes, etc., n’a cessé d’éclore : cette situation, pour bon nombre d’auteurs, n’est plus tenable.

Fin mars, le SNE, le Syndicat national des éditeurs, retournait sa veste et brisait plusieurs mois de négociations entre les syndicats d’auteurs et le ministère de la Culture pour justement changer les choses. Un retournement aussi peu apprécié qu’il arrivait quelques jours seulement avant de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot n’entre en droit de réserve en vue des élections à venir, quelques semaines avant que certains groupes affirment vouloir bloqué le pourcentage que touchent les librairies à minimum 36 % du prix du livre. Actuellement, le Professeur Pierre Sirinelli s’est vu confier par Roselyne Bachelot plusieurs missions en vue d’améliorer les conditions des auteurs :

– d’abord, que l’accord négocié en début d’année 2022 soit finalisé. Cet accord a pour but d’améliorer l’information des auteurs sur l’exploitation de leur texte, la mise en place de deux redditions de comptes par ans, d’un paiement semestriel des droits.

– continuer le dialogue et prendre des mesures efficaces sur les conditions de rémunération des auteurs, en réaction aux rapports et études récentes qui ne mettent qu’en lumière la dégradation des revenus et la paupérisation du métier

– enfin, engager une réflexion sur un outil permettant aux auteurs d’avoir une vision transparente sur les ventes de leurs livres, malgré les réticences de la part des éditeurs à aborder des sujets comme la rémunération de leurs auteurs et la transparence sur leur chiffre de vente sur leurs publications.

Cette question de la rémunération, pourtant sensible, est pourtant importante. La rédaction continuera, dans son onglet Plum’Actualité, à réaliser une veille sur ce sujet.

Merci d’avoir consulté cette édition de Pluma’News ! Nous vous donnons rendez-vous sur Youtube tous les mercredis à 18 h ! Si cette émission vous a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à la partager ! À la semaine prochaine !

Catégories : Plumanews

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