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Bienvenue sur Pluma’News, l’émission des litté’curieux !

Ce programme est co-produit par Plumavitae, la Plateforme de l’Édition de demain, et Scribe Impact Rédaction, spécialisée en rédaction et accompagnement d’autrice et auteur.

Au programme de cette édition, l’actualité de la semaine ainsi qu’un tour d’horizon des sorties à venir. Pour clôturer l’épisode, nous vous proposons un dossier centré autour de la question épineuse de la rémunération des auteurs.

I – PLUM’ACTUALITÉ

Mercredi 27

Et si un café vous interdisait de partir et de payer tant que vous n’avez atteint pas votre objectif d’écriture ? C’est le concept qu’a lancé l’écrivain Takuya Kawai au Japon avec son Manuscrit Writing Café. Le principe est simple : à votre arrivée dans l’établissement, vous précisez à l’aide d’une petite carte votre objectif de mots et le temps que vous souhaitez y consacrer aux équipes de gestion. Vous disposez d’internet ainsi que de boissons à volonté en libre-service. Si vous n’atteignez pas votre objectif, vous avez interdiction de sortir du café avant de l’avoir atteint ! Un concept original qui rencontre d’ores et déjà un franc succès !

Jeudi 28

Après plus de 10 années de rénovation, le site Richelieu de la BnF rouvrira enfin ses portes au public, et ce, dès le 17 septembre 2022 !

Grâce à leur dernière mise à jour, les liseuses Vivlio sont dorénavant compatibles avec le format open source LCP. Cette amélioration permettra aux utilisateurs de pouvoir emprunter des livres numériques en bibliothèque sans que les protections Adobe ne viennent détériorer l’expérience de lecture.

Grande avancée pour les auteurs et autrices du Québec ! Ce 27 avril, la ministre de la Culture et des Communications québécoises a en effet déposé à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à, je cite, « harmoniser et moderniser les règles relatives au statut professionnel de l’artiste ». Dans les faits, ce projet de loi, s’il est adopté, permettrait aux artistes des arts visuels, des métiers d’arts et de la littérature d’être légalement protégés de la même manière que les artistes du cinéma, du théâtre et de la musique.

Vendredi 29

Et si on vous disait qu’un roman complètement inédit de Louis Ferdinand Céline, auteur de Voyage au bout de la nuit, paraîtrait le 5 mai, près de 90 ans après sa rédaction ? C’est fou, et pourtant vrai ! Guerre, c’est un texte vif, lubrique, cru et provincial qui vient combler l’ellipse temporelle énorme de Voyage au bout de la nuit.

En 2020, Suzanne Collins sortait un préquel à sa saga dystopique Hunger Games, La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur. Si des rumeurs circulaient sur une possible adaptation pour le grand écran, elles ont fini par être confirmées : Lionsgate, qui possède les droits, a annoncé que la sortie serait prévue pour novembre 2023.

L’entreprise E Ink, spécialisée dans le papier électronique, vient d’annoncer que sa nouvelle technologie de papier électronique pour liseuse serait bientôt disponible. Cette nouvelle technologie, E Ink Gallery 3, permettrait aux lecteurs numériques d’avoir accès à de la couleur, mais aussi à une liseuse pliable ! Une véritable révolution pour le marché des liseuses, dominé par le noir et blanc.

Samedi 30

La Sofia vient d’annoncer que cette année, auteurs et éditeurs toucheront un droit de prêt supérieur aux années précédentes et pour cause : avec un changement de système interne, le montant total à reverser deux fois supérieures à ceux des années précédentes !

Depuis le 1er mai, les Éditions du Net et Actualitté ont ouvert le dépôt de manuscrits pour la Journée du Manuscrit qui se tiendra le 24 octobre. Cette initiative permet aux auteurs de publier facilement et gratuitement leur livre avec une diffusion auprès des librairies, mais aussi un référencement WEB et un traitement des métadonnées complètes et précises. Lors de cette journée, 7 prix seront distribués.

II – PLUMA’SORTIES

La sélection des sorties littéraires de la semaine prochaine !

Cette semaine, ce n’est pas trois, mais cinq sorties que nous présentons ! Attention, il y a du lourd !

Le 04 mai, c’est Le plus cruel des pardons, le second tome de la saga Le plus doux des poisons de Natalie Mae qui sort aux éditions BigBang ! Dans une course poursuite pour le pouvoir et la paix, le lecteur suivra les deux personnages de Zahru et Kasta, entre brutalité et jeux politiques.

Toujours le 04 mai, Stephen King fait son retour avec son nouvel opus dédié aux 12 ans et plus Miles 81. Publié par Albin Michel, on suivra le personnage de Pete Simmons, jeune garçon de 10 ans, se retrouve laissé sans surveillance par son grand frère sur une aire d’autoroute… Que cache cette étrange voiture garée, là-bas, au fond du parking ?

Le 05 mai, les éditions Hugo Roman lancent la très attendue traduction du premier tome de la saga Hadès & Perséphone de Scarlett St. Clair : A touch of darkness. Véritable retelling du mythe, Hadès & Perséphone offre à ses lecteurs une version à la fois moderne et très épicée d’un épisode mythologique légendaire.

Également le 5 mai, ce sont les éditions Lumen qui marquent le coup avec le nouveau roman de Casey McQuiston, l’écrivain de My Dear Fucking Prince : One Last Stop. Dans cette romance saphique, August, une jeune femme cynique et solitaire, tombe sous le charme de Jane au détour d’un arrêt de métro. Qui est cette femme si mystérieuse et solaire présente sur une photo prise dans les années 70 ?

Enfin, le 06 mai, ce sont les éditions de Martinières Jeunesse qui proposent le deuxième tome de la saga The Remnant Chronicles de Mary E. Pearson : The Heart of Betrayal. Une suite que les fans attendaient avec impatience !

Passons maintenant à notre dossier !

III – PLUM’ARCHIVES

Dans nos cartons, il y a… des dossiers et des recommandations !

Le monde de l’écriture est vaste. Pourtant, lorsqu’en tant qu’auteur, on annonce écrire de la Fantasy, une question revient souvent : « Ce n’est pas trop dur d’inventer tout un monde ? ». Cette question est suffisamment récurrente pour que des auteurs de renommées internationales se penchent dessus. Un, en particulier, est connu dans le milieu de la Fantasy pour ses systèmes de magie très complexes, mais aussi extrêmement cohérents. Cet auteur s’est suffisamment penché sur la question pour, à la manière d’Asimov, donner son nom à ce qu’il considère comme des règles de base à suivre pour créer un système de magie correct. La première loi de Sanderson, voici le sujet de notre dossier de la semaine !

Qui est Brandon Sanderson ? Pour ceux qui vivent en autarcie depuis 2005, voici un bref récapitulatif. Brandon Sanderson est un des maîtres de la Fantasy anglo-saxonne et mondiale depuis son premier roman Elandris paru en 2005. Son succès n’a été que conforté par la suite avec ses séries Fils-desbrume, Alcatraz ou encore les Archives de Roshar. Sa spécialité ? Des systèmes de magies très élaborés, originaux et qui changent de ce à quoi la Fantasy a toujours été habituée.

Disclaimer : Brandon Sanderson le précise lui-même. Ces « lois de la magie » ne sont pas à prendre au pied de la lettre, mais bien à adapter à votre univers. Libre à chaque écrivain de les suivre ou non ! Rappelez-vous : ne prenez un conseil que s’il vous est utile.

Le postulat de Sanderson, pour édicter ses lois, était simple. Elles devaient répondre à trois exigences :

– en tant qu’écrivain, il faut que le système de magie soit sympa à écrire

– en tant que lecteur, il faut que le système de magie soit sympa à lire

– en tant que conteur, il faut que le système de magie soit solide tout en laissant de la place au mystère et à la découverte.

Voici la première règle :

« La possibilité pour l’auteur de résoudre un conflit par la magie est directement proportionnelle à la manière dont le lecteur comprend cette magie. »

Selon Sanderson, pour qu’un système de magie soit bien compris par son lecteur, il faut que cette magie soit régie par des règles. C’est un postulat qui peut sembler contradictoire : la magie, après tout, c’est l’émerveillement ! Et pourtant : comment rendre une histoire vraiment consistante si la magie dépeinte n’est pas soumise à des règles ? Un système de magie peu consistant est la porte ouverte à ce que l’on appelle un « Deus Ex Machina », à savoir une résolution à un problème qui semble sorti d’un chapeau de magicien, une solution de facilité.

Pour ajouter de la nuance, Sanderson précise qu’un système de magie n’a pas besoin d’être extrêmement poussé pour être viable : il suffit que l’auteur sache où il va ! Ainsi, il fait le distinguo entre ce qu’ils appellent la magie douce et la magie dure.

La magie douce.

La magie douce est un système de magie où les règles ne sont pas clairement établies pour le lecteur. Ce type de magie permet de préserver un peu le merveilleux de l’univers, tout en cultivant le suspens : le lecteur ne sait jamais jusqu’où la magie peut aller. Sanderson place Tolkien de ce côté du spectre. Pour le citer « En ne divulguant pas les lois et règles de sa magie, Tolkien nous dessine un monde profond qui donne au lecteur l’impression que des pouvoirs inimaginables et mouvants sont cachés sous la surface ». De plus, dans les systèmes de magie douce, la magie n’est que très rarement utilisée pour dépasser les obstacles : cela permet aux auteurs de maintenir de la tension au sein du roman. Sanderson conseille, pour les auteurs de magie douce, d’utiliser la magie non pas pour régler les problèmes de leurs personnages, mais pour placer un cadre et une ambiance. Seule exception : « Sauf si c’est pour embêter vos personnages : là, ça marche toujours ! »

La magie dure.

La magie dure, quant à elle, est un système de magie où des règles strictes et précises sont clairement établies et données au lecteur. Dans ce cas, le but est que le lecteur ait l’impression de faire partie de la magie, qu’il en comprenne fondamentalement le fonctionnement. La magie est alors traitée non comme un élément de décors, mais comme un personnage à part entière. Puisque le lecteur comprend le fonctionnement de la magie, l’auteur peut l’utiliser pour régler les problèmes. Ainsi, le problème n’est plus réglé comme par enchantement, mais avec intelligence : l’expérience et l’habileté des personnages sont des facteurs décisifs. Bien qu’il soit plus du côté de la SF, Sanderson considère les lois d’Asimov comme étant un type de magie dure.

Attention ! Le but n’est pas d’expliquer au lecteur pourquoi les personnages utilisent la magie, mais plutôt de décrire suffisamment la magie pour que le lecteur puisse établir ses propres théories de résolutions.

Bien entendu, entre magie dure et magie douce, il y a un entre-deux. C’est dans cet entre-deux que se situent la plupart des romans de Fantasy. Comme exemple, Sanderson cite J.K. Rowling et sa saga Harry Potter : « Chaque tome souligne certaines des lois, règles et idées de la magie de ce monde. Elles sont rarement transgressées et sont souvent importantes au paroxysme de l’intrigue. Cependant, si l’on regarde le cycle dans son ensemble, on ne comprend pas vraiment les capacités de la magie. L’auteur rajoute des règles à chaque nouveau livre, élargissant le système, se contredisant à certains moments et oubliant parfois de manière bien pratique une capacité qu’avait un personnage dans un tome précédent. Ces écarts ne sont pas très importants et chaque livre est généralement cohérent. Je pense que J.K. Rowling équilibre bien tout ça, en fait. Dans les détails, sa magie est dure, mais quand on regarde l’ensemble de la saga, elle est plutôt douce. Cela lui permet d’utiliser la magie pour résoudre des conflits tout en maintenant un grand sens du merveilleux dans ses romans. »

Sanderson ajoute qu’il ne faut pas hésiter, en tant qu’écrivain, à jouer avec nos propres règles : pourquoi donner toutes les billes à nos lecteurs quand, en dissimulant quelques éléments de compréhension clef, on peut créer des rebondissements, du mystère, des révélations chocs ?

Comment utiliser cette première règle ?

Sanderson préconise aux auteurs de tout d’abord :

– de décider quel genre d’atmosphère ils veulent pour leur roman

– de résister à l’envie d’utiliser la magie pour résoudre les problèmes liés à l’intrigue

– pour la magie dure, faites réfléchir vos personnages à partir de ce qu’ils savent plutôt que de créer une nouvelle capacité, un nouveau pouvoir

– pour la magie douce, demandez-vous comment vos personnages peuvent résoudre ça sans magie ou, à contrario, s’ils utilisent la magie, qu’est-ce que cela va pouvoir leur coûter ?

Et voilà, vous en savez plus sur la première loi de Sanderson pour créer un système de magie complet, pertinent et agréable ! Rendez-vous dans quelques épisodes pour découvrir la seconde loi !

Conclusion

Merci d’avoir écouté cette édition de Pluma’News ! Nous vous donnons rendez-vous tous les mercredis à 18h sur Youtube et le jeudi sur le blog ! Si cette émission vous a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à la partager ! À la semaine prochaine !

Catégories : Plumanews

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